INTERVIEW
J’ai eu l’opportunité d’échanger avec Florent Bance, graphiste, vidéaste, web designer et photographe en freelance basé à Rouen.
À travers cette interview, j’ai souhaité comprendre son parcours, sa vision du métier et son rapport à la création.
Images: florentbance.fr
Pouvez-vous vous présenter et raconter un peu votre parcours ?
« J’ai d’abord fait un Bac STI Arts Appliqués à Rouen. Puis ensuite j’ai été à l’ISA (Institut Supérieur des Arts Appliqués) à Paris pour faire une License de designer graphique. J’ai ensuite été agent de sécurité, puis téléconseiller. Puis j’ai repris les études en faisant mon Master à l’ISA en web vidéo et motion design. Après avoir refait des petits jobs parce que j’étais trop jeune et que j’avais pas assez de réseau pour me lancer en freelance j’ai décidé de reprendre les études à la Need For School à Rouen durant 6 mois pour apprendre le développement. Puis, j’ai été le premier employé d’une Startup, je créais des logos, m’occupais du site et des réseaux sociaux, développais une application… Puis j’ai vécu une mauvaise expérience dans une autre boîte ce qui m’a fait me lancer en freelance. Cela fait maintenant 4 ans que je me suis lancé et je travaille aujourd’hui avec Sarah et Guillaume, mon chef de projet. »
Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler dans ce domaine ?
« Je dessine depuis que je suis enfant et quand j’avais 13 ou 14 ans, j’ai reçu un appareil photo et j’ai fini par développer un réel intérêt pour la photographie. »
Quels sont les points que vous aimez le moins et quels sont ceux que vous aimez le plus dans votre métier ?
« Je ne fais plus les mariages en tant que photographe et vidéaste car je redoutais trop la panne matérielle. Je me suis enlevé cette pression. Je ne me force plus non plus à travailler avec des personnes avec lesquelles je ne m’entends pas et avec lesquelles je ne partage pas la même vision. En revanche, j’aime le fait d’avoir un travail “dégrossi” par mon chef de projet, ce qui me laisse une marge d’erreur qui est moindre. »
Sur quel type de projet travaillez-vous le plus souvent ?
« Je dirais que je fais le plus souvent du web design ! »
Quelle partie préférez-vous dans un projet ?
« J’aime bien le début du projet parce que je cherche, je tente des choses, je pose mes idées et je sors de ma zone de confort. Mais j’aime bien aussi la fin du projet parce que c’est là où je me rends compte du résultat et du travail qui a été fait. »
Comment démarrez-vous un nouveau projet avec un client ? Comment se passe la communication avec lui ?
« Je démarre toujours un projet en posant les bases avec le client. Pour tel budget je peux vous faire cela, de telle manière etc. Je lui explique mon idée, j’attends son retour et après on fixe le tout. Je valide chaque étape avec le client pour être certain de partir sur la même idée mais également pour le rassurer sur l’avancement du projet. Mais souvent je ne suis pas directement en contact avec. »
Comment trouvez-vous votre inspiration ? Comment résoudre le manque d’inspiration sur un projet ?
« Le mieux est d’essayer de tout voir, de s’entourer de beaucoup de choses. En fait, ton cerveau va emmagasiner ce que tu vois et ce que tu consommes. Il faut regarder des magazines qui parlent de graphisme, de typographies, de motion design… A force cela fonctionne plutôt bien ! Sinon il y a des sites comme Behance et Dribbble qui sont source d’inspiration. Il est aussi utile de faire un dossier dans lequel tu vas mettre dedans tout ce que tu aimes bien, des couleurs, des associations de typo etc… Créer un compte Instagram ou Tiktok rien que pour faire tourner l’algorithme sur une thématique précise est aussi un bon moyen ! »
Quel(s) logiciel(s) utilisez-vous le plus au quotidien ?
« Avant j’utilisais surtout la suite Adobe tandis que maintenant je travailles principalement avec Figma. »
Pourquoi avoir fait le choix de se lancer en freelance et non de travailler dans une agence par exemple ?
« Je n’ai pas vécu une superbe expérience en entreprise et j’avais ce truc du: Est-ce que j’en suis capable ?. Cela fait maintenant 4 ans que je suis en freelance et même si je m’arrêtais maintenant, je me dis que j’aurais au moins fait ce petit bout de chemin. Il y a des points qui bloquent en freelance et qui sont bien dans le salariat et inversement. »
Avez-vous des périodes sans projet ou êtes-vous tout le temps occupé ?
« Cela dépend des périodes, je suis aussi intervenant à Normandie Web School de Rouen et membre de jury. C’est un équilibre à trouver. Par exemple, novembre et décembre ont été chargé et pourtant mon mois de janvier est vide. Le statut de freelance c’est bien mais ça ne peut pas être éternel. Je ne peux pas faire toute ma vie comme ça, à ne pas savoir combien je vais toucher le mois prochain, si ca va aller etc… Aujourd’hui je travaille en collaboration avec 2 amis sur un projet qui nous permettrait de pouvoir se verser un salaire fixe. »
Qu’est-ce qui fait la différence entre un graphiste moyen et un très bon graphiste ?
« Le plus important c’est l’idée. Il faut quelle parle aux gens. Si l’idée fonctionne sur papier c’est bon. Beaucoup vont bosser dans l’urgence, c’est des gens qui, en général, n’aiment pas le silence et ils ont peur de dire au client « Je te propose un truc dans 1 semaine », pas demain. Tandis que si tu prends le temps de poser tes idées, tu mets de côté et après tu reviens dessus et tu vas penser à des choses dont personne n’avait pensé au premier abord. « On est toujours responsable de ce que l’on créer ». J’ai cette responsabilité de faire quelque chose qui fonctionne, qui parle aux gens et qui les implique. »
Arrivez-vous à garder du plaisir dans la création malgré les contraintes des clients ?
« Dans mon cas, je fonctionne au challenge, j’apprends en fonction de la demande du client. C’est ce qui me permet d’évoluer et de m’enrichir en technique. On ne peut pas toujours savoir tout faire mais j’aime bien le challenge de me dire « bah tiens ça je sais pas encore faire donc je vais apprendre ». C’est en général les contraintes qui font que l’on avance bien et que l’on apprend plus. »
Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler dans ce domaine ?
« J’aime bien les 4 pour des raisons différentes et justement ce qui me plaît le plus c’est d’avoir les 4. C’est vraiment cool de pouvoir mélanger plusieurs domaines dans un projet. Certains projets permettent de développer un domaine tout en combinant les autres. J’aime bien pouvoir jongler au sein d’une journée. »
D’après vous, comment un étudiant peut-il se démarquer dans un secteur aussi compétitif que celui-ci ?
« Produire de manière intelligente. Lancez-vous des challenges pour apprendre et montrer ce que vous savez faire. Allez aux évènements qu’il peut y avoir autour des différents domaines. Suivre les conférences sur Figma, Adobe, Canva… Il faut se tenir informer de ce qu’il se passe et se renseigner. Déjà essaie de comprendre comment tu réfléchies c’est une bonne méthode pour avancer. Par exemple, moi tout ce que je vois ce sont des couleurs. Plus vous allez essayer de comprendre comment vous réfléchissez, plus vous allez réussir à vous décoder vous même. Essaie de comprendre comment toi tu fonctionnes te fais gagner du temps par rapport aux autres. Après, tu sais à quoi t’es sensible et à quoi tu ne l’es pas. Le réseau est aussi important de nos jours. »
Si c’était à refaire, referez-vous le même parcours ?
« Pas du tout. Mon parcours il est ce qu’il est, c’est juste que durant ces années ou je n’ai pas créée, j’ai l’impression que c’est du temps perdu. Je n’ai pas appris ni évolué. Mais cela me permet de me dire que ce que je n’ai pas fait à l’époque je peux le faire aujourd’hui. »
Ce que je retiens de cet échange
Cette interview m’a apporté un regard concret sur le métier, ses exigences et ses réalités. Elle m’a permis d’affiner ma compréhension du monde professionnel et de confirmer mon orientation dans le domaine de la communication visuelle.
Les points clés:
• Une vision plus concrète du métier
• Une meilleure compréhension du parcours professionnel
• L’importance de persévérer, de tester et d’apprendre par soi-même
• L’équilibre entre esthétique et message
• La nécessité de structurer ses idées